...VOSSTANIE...

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Débat sur le texte: Qu'est-ce que l'Autonomie ouvrière ? - Prochaine Émission de Radio Vosstanie!

mardi 14 novembre 2017

Débat sur le texte: Qu'est-ce que l'Autonomie ouvrière ? - Prochaine Émission de Radio Vosstanie!

Prochaine Émission de Radio Vosstanie !
(en décembre)

Discussion, débat et commentaires du texte de Lucia Bruno
Qu'est-ce que l'autonomie ouvrière ?

Contre-capital & Vosstanie !

Et bien sur de l'actu & du son.


Le texte sera disponible format livre en janvier 2017
Son du texte en téléchargement
(en diffusion en ce moment)

A suivre... 


jeudi 9 novembre 2017

Pragmatisme, utopie et mystique communiste - Point de vue image de classe (20)

Pragmatisme, utopie et mystique communiste.
Point de vue image de classe (20)



"Il n'existe aucun procédé pour voir, même avec des yeux de presbyte, l'avenir dans le présent, aucun procédé pour calculer l'avenir."
Georges Sorel




Le mélaminé thermorésistant de cette vieille table qui trône dans la cuisine a supporté bien des épreuves. Je ne doute absolument pas de sa capacité à endurer un débat initié par deux ados ingurgitant ce célèbre et délicieux plat constitué essentiellement d’œufs tout à fait brouillés par ma fainéantise.

La nuit est tombée, et les questions sur l’absurdité et le “sens” de l’existence fusent.

Jean-Paul Sartre fut discuté à l’apéro et aussitôt évacué entre des lampées de sirop d’orgeat, des bretzels mous et des tuiles apéritives cassées saveur paprika.

Alors que je m'apprêtais à sortir mon éternelle barre pâtissière en guise de dessert, j’ai eu droit à la question qui tue. Un type de question auquel je ne faisais plus face et que j’ésquive depuis quelques années grâce à certains subterfuges aussi subtils que l'évitement.

Je me retrouve alors dans la célèbre position du militant, de celui qui doit convaincre parce que bousculé dans son engagement notoire.

Il ne s’agit plus de répondre au quidam ou de jouter verbalement avec un militant trotskiste aussi déformé qu’un vieux support de publicité sur lieu de vente de sortie de gare, ou de disserter avec des camarades convaincus par l'implicite d’une perspective.

Il fut fort aisé de répondre à cette question aussi folle que pratique et pourtant si pragmatique, si sensée. J’avais l’impression et c’était effrayant, de répondre en ayant le Monde nouveau [1] dans les mains.

Finalement je devais conclure devant mon auditoire (acquis) de manière sincère que j’étais rodé à ce genre d’exercice rhétorique et que mes explications étaient bien trop faciles et toutes aussi folles que leurs questions qui maintenant s'enchaînaient.

En cherchant dans mes mots une pile d’arguments qui pourraient motiver le fait de ne pas se rendre le lendemain au lycée, et de ne pas alimenter ce monde “aberrant”, il me fallait quand même tenir en équilibre pour ne pas dissoudre toute problématique de compréhension du réel et de sa dynamique (ce qui fut vaguement possible)  car il ne s’agit pas de faire de mes interlocuteurs non neutres des zombies, des apôtres de mon engagement personnel, ou des ardents et circonstanciels défenseurs de l’école buissonnière sous la bannière du "c’est pas juste ce monde est trop dégueulasse et ya un contrôle de maths demain ".

A la suite de mon “l’Utopie c’est de croire que notre monde peut continuer comme ça” j’ai dû convenir du malaise, car dans cette débauche d'arguments commerciaux sur la possible belle vie libertaire, il y avait quelque chose qui n’était absolument pas satisfaisant.... bien sûr.

Cela était d’autant plus vrai que ma dernière lecture faisait référence à L’utopie plus précisément dans sa conclusion.

Que l’on puisse nourrir son imaginaire d’utopies ou d’utopie il n'y a rien de très gênant, c’est même presque nécessaire pour sa propre sauvegarde. Le plus dangereux c’est peut-être de s’en contenter et peut-être même d’affirmer que le communisme en est une.

Ceci est d’autant plus vrai parce que dans l’optique utopique et donc idéale, c’est-à-dire sans défauts, toutes les questions trouvent nécessairement leurs réponses et leurs résolutions harmonieuses.

En cela la société communiste ou libertaire n’est pas une utopie.

Étonnamment l’utopisme en politique engendre un pragmatisme, une casuistique qui s'agence parfaitement à l’esprit du militant, de celui qui veut avoir le dernier mot pour que son monde ne s'effondre pas. Il trouvera toujours l'argument approprié, il répondra à une angoisse, la sienne propre ou celle de son interlocuteur.

Je me devais donc à l’heure de mon café qui suivait la vaisselle, non sans avoir joué du balai sous la table, de conclure avec eux que : la société idéale n'existera probablement pas et que cela serait mieux ainsi.

Il restait à dire et à développer à deux personnes qui comptent dans ma vie, et qui me disaient que j’avais “raison”, d’éviter de suivre, d'acquiescer bêtement à ce que je pouvais dire. Qu’il y avait surtout et essentiellement à n’avoir ni de maître ni de dieu. Pour le reste qu'il fallait surtout en discuter collectivement et qu’on avait rarement la solution tout seul dans sa chambre face à YouTube.

Le lave-linge tourne et pendant que je me dirige avec un sac vers la poubelle, celle des cartons je m’interroge.

Il semble que certains ouvrages de théories du communisme s'offrent a peu de frais un objectivisme tempéré par cet appel à l’utopisme, comme pour adoucir l'implacabilité de quelque chose de fermé, de finalement plutôt morbide. La nécessité côtoie la grande tristesse, peut-être celle du “théoricien” isolé, seul et “incompris de tous”. Ce topos des beaux rêves, à l’imaginaire lisse reste finalement clos.

Cette parade à "L’utopie” ne me semble même pas ou plus stimulante, elle reste même tout aussi aride. [2] Elle semble même travestir terminologiquement l’esprit d’une vraie mystique communiste avec son lot de dévots et autres charismatiques qui s’amusent à imaginer dans leurs têtes la dissolution immédiates des médiations engendrées par la marchandise à coup de citation critiques de Marx.

Le problème c’est que cette conception “mystique” du communisme, qui refuse à juste titre de faire bouillir les marmites du futur ne s’empêche pas de convoquer à la rescousse l'Utopie la plus plate, c'est-à-dire la plus "idéale", pour finalement ne pas même imaginer quoi que ce soit d'idéal avec des marmites ! encore moins qu’il faudra peut-être probablement un jour du feu...

Il est évident qu'un monde libéré de la marchandise (mais pas des utiles casseroles et autres poêles  svp camarade !) reconfigurera aussi bien l'imaginaire et nos repères, tout autant nos désirs, nos envies, de là à nous faire ingurgiter des aliments ou des plats encore congelés cela mérite un peu de réflexion ou de nuance quand même.

Il est temps d'apprendre à faire un feu pour qu'il brule encore et encore.



Notes

[1] Ouvrage de Pierre Besnard - Le monde nouveau, Organisation d'une société anarchiste. (1934)
[2] L’Utopie de Thomas More est plutôt effrayante en fait.

jeudi 26 octobre 2017

Pour une critique de l'Idéologie boulangère (Parution)

Pour une critique de
l'Idéologie boulangère
Décroissants de la brioche et une Rolls!



ÉPIGRAPHE

La société capitaliste contemporaine lèse les intérêts de l'intelligentsia, que celle-ci soit ou non partie prenante du système et en outre l'humilie en la plaçant sous la dépendance des capitalistes. Ressentant son humiliation, l'intellectuel se rebiffe et va s'adresser aux esclaves du travail manuel, toujours prêts à se rebeller, en s'efforçant de leur prêcher la révolution, [...] lorsque le progrès bourgeois stagne. Cependant, comme il ne souffre pas pour les mêmes causes, ni de la même manière que l'ouvrier il ne propose à celui-ci que des plans de lutte tels qu'ils permettent d'éliminer immédiatement les causes de son propre mal, sans pour autant apporter quoi que ce soit au «camarade » ouvrier qui le suit, mis à part la promesse d'un meilleur avenir. Les exigences qui ont mû les ouvriers sont toujours inévitablement remises, par l'intellectuel, à plus tard, laissées de côté, pour le « futur ».
Jan Waclav Makhaïski


Mais, de même qu’il y a des besoins corporels dont tout un chacun peut et doit s’occuper par lui-même, il existe aussi des objets du savoir qu’il est indispensable que tous connaissent et qui ne ressortissent, pour cette raison, à aucune science spécialisée particulière. La faculté de penser humaine est un objet de cette espèce : la connaissance, l’entendement, la théorie qui s’y rapporte ne peuvent être abandonnées à aucune corporation.

Josef Dietzgen


*

« Quand la dernière solution à la mode proposée, et prônée, n'est autre que d'être un animateur à mégaphone, un boutiquier alternatif équitable ou un épicier radicalement bio et autogéré;

Quand la frugalité, l'éloge de la « simplicité volontaire » et les traités « Maussiens » sur le renoncement au quantitatif s'affichent dans de nombreuses librairies radicales, c'est que la soumission à l'ordre dominant s'annonce des plus fantastique.

L'éloge du qualitatif dans la société capitaliste n'est ni plus ni moins que le retour de l'Homo - œconomicus qui revient par la fenêtre!

L'audience des discours, leurs diffusions, n'est pas sans nous faire penser que le prochain « serrage de ceinture » sera pour le prolétariat ! Qui, c'est bien connu, ne s'achète que des écrans plasma avec ses 900 euros.

Il n'y a qu'un pas pour penser que l'idéologie qui vient est toujours l'idéologie de la classe ascendante, c'est à dire celle qui annonce la prochaine offensive contre les exploités
».

Compil de textes Vosstanie - un livre de 103 pages.
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On peut nous contacter via le formulaire en gauche de la page d'accueil.

samedi 21 octobre 2017

Introduction à l'histoire du MOUVEMENT LIBERTAIRE AU PORTUGAL (Parution)

Introduction à l'histoire du 
MOUVEMENT LIBERTAIRE 
AU PORTUGAL
Suivi de 
Caractéristiques de l'activité fouriériste 
dans la Péninsule ibérique.

CARLOS DA FONSECA





 La première édition de cette brochure est parue au CIRA 
[Centre International de Recherches sur l'Anarchisme] en 1973.

Le deuxième texte est extrait de la revue   
Autogestion et Socialisme, Charles FOURIER, Paris: Anthropos, n°20/21 - 1972.


TABLE

1. Sources d'inspiration

(Proudhon, Reclus et Kropotkine, Le syndicalisme révolutionnaire).

2. La Première Internationale ; La traversée du désert.

3. L'expansion de l'idéal libertaire.

4. Le terrorisme révolutionnaire.

5. L'orientation syndicaliste.

6. Congrès et conférences anarchistes.

Petit répertoire de la presse anarchiste portugaise [1886-1932]

Suivi de  

Caractéristiques de l'activité fouriériste 
dans la Péninsule ibérique.

*

Éditions ArqOperaria / Vosstanie, 2017 - 60p.

*




EXTRAIT




“Considérant que la propriété individuelle, la matière première et les instruments de travail, dans l'organisation sociale actuelle, sont l'origine de la misère des travailleurs;
que l'état politique indispensable au maintien de la propriété individuelle, est la cause du despotisme, du privilège, de la division des classes, de la décomposition et de la corruption sociale;

que, en conséquence, la classe laborieuse, pour atteindre un meilleur avenir et réaliser son émancipation, doit éliminer l’État et la propriété individuelle;

que l'émancipation de la classe laborieuse ne consiste pas à usurper la ploutocratie, mais à la détruire, quelle qu'elle soit…

Le groupe communiste-anarchiste de Lisbonne se constitue indépendamment de tout parti politique, pour répandre et développer ses théories, prêcher la révolution et la liquidation sociale, comme moyen indispensable à l'émancipation des classes laborieuses. En conséquence le groupe communiste-anarchiste repousse :

1) - la légalité des moyens d'action tels que les agitations électorales ou les mystifications parlementaires;

2 ) - la légalité imposée par l’État ou la religion, à la constitution de la famille
3) - la soumission à toute autorité personnelle ou législative, absolue, mandataire
ou paternelle;

4) - le sentiment patriotique ou national, l'égoïsme de race, de religions et de langues.

Comme moyens d'action le groupe communiste-anarchiste accepte ceux que prescrivent les revendications de la personnalité individuelle et les conditions de la société :
1) – la pratique de la solidarité avec tous les groupes et tous les individus qui veulent, comme nous, détruire le système social contemporain;

2) –l'abstention du suffrage, la désertion de la caserne, la grève violente, la propagande illégale sur le terrain des faits, et tous les autres moyens qui peuvent hâter la décomposition politique et économique des états;

3) – la vigilance attentive pour profiter de toute désorganisation des pouvoirs publics et procéder à la liquidation sociale.

Et, en prévision de l'organisation future, le groupe inscrit sur sa bannière, les mots
Communisme-anarchisme”

Grupo Comunista-Anarquista de Lisbonne : Revoltado n°1, 1887

voir aussi


(Sur la révolution dite des "oeillets" ou la transition démocratique portugaise)